Pleudihen-sur-Rance Rance. Un phoque copine avec L9

Joséphine, alias L9, n'est plus le seul phoque à sillonner la Rance, dans le secteur de Pleudihen. Un autre veau marin, plus jeune, l'a rejointe et tous deux semblent bien s'entendre. Mais n'imaginons pas des rapports maternels ou amoureux.

15/03/2017 à 15:38 par lepaysmalouin

Les deux phoques ont fait ami-ami mais le nouveau venu va-t-il rester? -
Les deux phoques ont fait ami-ami mais le nouveau venu va-t-il rester ? (Photo Le Petit Bleu - Bernadette Ramel)

Voilà de la compagnie pour L9 qui, depuis 17 ans, est devenu l’attraction de la cale de Mordreuc, à Pleudihen. Pourtant, le veau marin ne recherche pas spécialement ses congénères, habitué qu’il est à fréquenter les humains. Quoi qu’il en soit, les deux phoques ont l’air plutôt copains comme en témoignent certaines photos.

Le nouveau venu est bien plus petit que la fameuse L9. Mais il est bien de la même espèce, « un veau marin », confirme Dominique Mélec, de l’association cœur Émeraude.

Un jeune

« Ils atteignent leur maturité sexuelle à cinq ans. D’après la photo que j’ai pu voir, il est donc plus jeune », ajoute Audrey Hénon, chargée de mission au syndicat mixte de la Baie du Saint-Michel, où vit une colonie de 80 congénères de L9. D’après cette scientifique, l’animal peut autant venir de Normandie que de Grande-Bretagne où ils sont plus répandus voire des Pays-Bas :

« A ma connaissance, il n’est pas bagué. Sa provenance n’est donc pas facile à établir. En tout cas, cela n’a rien d’étonnant à ce qu’il ait franchi l’écluse pour rejoindre la Rance : les veaux marins aiment bien se réfugier dans les estuaires pour pêcher tranquillement lorsque la mer n’est pas favorable. Ils sont opportunistes, ici, il trouve de quoi se nourrir, par exemple, des mulets. »

Solitaire et grégaire

Le nouveau convive de la Rance n’a sans doute pas connu le même malheur que L9 qui avait été abandonnée à la naissance par sa mère (lire l’encadré). Les voyages en solitaire sont fréquents chez ces mammifères marins « notamment quand ils sont jeunes », souligne Sami Hassani, responsable du laboratoire des mammifères marins d’Océanopolis, qui, avait recueilli L9 il y a 17 ans. Les plus curieux aimeraient donc voir un peu le monde avant, de rejoindre, parfois, des colonies et avoir un comportement grégaire. « Mais ils aiment pêcher seuls. C’est surtout au moment du repos qu’on les voit réunis. » Et c’est un peu ce qui passe entre L9 et son nouveau copain car ils ont surtout été repérés ensemble à la cale de Mordreuc, où l’aînée aime se prélasser.

Regarder mais pas toucher

Les deux veaux marins attirent déjà les curieux. Audrey Hénon aimerait pourtant que les humains gardent leur distance à l’égard du jeune phoque et qu’il ne devienne pas une nouvelle’Joséphine’, un « toutou » que tout le monde vient caresser. Un cas rarissime, « curieux », dans l’univers des veaux marins, animaux sauvages dont il faut redouter « les morsures et d’éventuelles maladies » que cela pourrait véhiculer. Pour L9, dont Sami Hassani, constatait, il y a quelques années, qu’elle ne s’était « pas réhabilitée à la vie sauvage », le mal est fait (même si elle ne semble pas s’en plaindre). Mais mieux vaut laisser en paix le petit dernier.

Restera-t-il ?

Peut-on imaginer que, malgré la différence d’âge (et rappelons qu’on ne connaît pas le sexe du jeunot), cela engendre quelques petits veaux ? Pas impossible, L9 ayant encore quelques années à vivre (espérance de 25 à 30 ans). Mais cette dernière n’a jamais tenté de rejoindre une colonie, par instinct de reproduction.

La mascotte de Mordreuc pourrait-elle éprouver les sentiments maternels (dont elle n’a pu bénéficier) à l’égard du petiot ? C’est encore moins certain.

« Les femelles lâchent leurs petits dans la nature, au bout de trois semaines d’existence, à la fin du sevrage. D’autres mammifères marins ont des structures familiales plus établies », sourit Andrey Hénon.

Rien ne dit d’ailleurs que le jeune phoque restera dans l’estuaire. En 2009, Joséphine avait déjà eu une autre fréquentation. Et elle est repartie. Pour l’instant, les scientifiques laissent donc le nouveau copain de Joséphine vivre sa vie et espèrent que les humains en feront de même.

Pierre-Yves GAUDART

22690 Pleudihen-sur-Rance

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