Saint-Malo Un musée maritime d'ampleur nationale pour la cité corsaire

Les élus de Saint-Malo ont voté le lancement du projet d'un musée maritime d'ampleur nationale. Il devrait ouvrir début 2022 et coûter environ 30 millions d'euros.

15/02/2017 à 14:39 par lepaysmalouin

Le futur musée maritime sera construit sur l'emplacement des actuels silos, situés au bord du bassin Duguay-Trouin. Le nouveau bâtiment devrait par contre être aussi haut que les silos (environ 30 mètres), pour bénéficier de la magnifique vue sur le port et Intra-Muros (photo de droite) et en profiter pour un y installer un « lieu de convivialité » comme un restaurant par exemple. -
Le futur musée maritime sera construit sur l'emplacement des actuels silos, situés au bord du bassin Duguay-Trouin. (Photo © Le Pays Malouin)

C’est un projet qui traîne dans les cartons depuis 2006. Mais cette fois, il semble bien parti : le musée d’histoire maritime de Saint-Malo devrait enfin voir le jour. Le dossier a en tout cas trouvé une large place dans les débats du conseil municipal du jeudi 2 février 2017.

Les élus ont adopté à l’unanimité le lancement du projet et du concours de maîtrise d’œuvre. Surtout, le maire, Claude Renoult, a d’ores et déjà donné un planning et une estimation du coût. Le futur musée de Saint-Malo devrait coûter 30 millions d’euros, couvrir une surface de 4 500 m2, et ouvrir en mars 2022. C’est donc un nouveau chantier d’envergure qui s’annonce pour la cité corsaire, après la médiathèque.

Les silos seront détruits

Reste plusieurs questions. Comme son emplacement. Celle-ci a déjà été maintes fois débattue. Finalement, le maire a déclaré que c’est le site initial qui serait retenu, celui des silos situés au bord du bassin Duguay-Trouin, face à la sous-préfecture.

Moi, j’ai toujours été convaincu qu’il fallait un lieu « bord à quai », car il est naturel de trouver ce musée dans une ambiance portuaire.

Reste que les silos sont toujours exploités par une société, par le biais d’une AOT (Autorisation d’occupation temporaire). Comme nous sommes sur le domaine portuaire, c’est la Région qui a les clefs pour le devenir du site. Et Claude Renoult s’est montré très confiant : « La position de la Région n’a pas changé, je viens d’avoir un accord verbal pour faire bénéficier la Ville de ce site ».

Une autre question sous-jacente était de savoir s’il fallait raser les silos ou les conserver, en incorporant le futur musée dans cette architecture industrielle. Le maire a indiqué :

Cela a fait fantasmer les architectes. Mais il s’avère que le diamètre des silos est trop petit pour espérer y adapter un musée. Le parti pris est donc de ne pas les conserver.

Par contre, il a comme d’autres remarqué l’intérêt de l’altimétrie du site actuel :

Les silos surplombent le port à environ 30 m de hauteur. L’idée est de conserver dans le futur bâtiment une altimétrie similaire. On pourrait ainsi y imaginer un lieu de convivialité, étant donné la magnifique vue dont on dispose sur la ville.
Le futur musée maritime sera construit sur l'emplacement des actuels silos, situés au bord du bassin Duguay-Trouin. Le nouveau bâtiment devrait par contre être aussi haut que les silos (environ 30 mètres), pour bénéficier de la magnifique vue sur le port et Intra-Muros (photo de droite) et en profiter pour un y installer un « lieu de convivialité » comme un restaurant par exemple. -
Le nouveau bâtiment devrait par contre être aussi haut que les silos (environ 30 mètres), pour bénéficier de la magnifique vue sur le port et Intra-Muros (photo de droite) et en profiter pour y installer un « lieu de convivialité » comme un restaurant par exemple.

On n’en est pas encore là. Avant il va falloir démolir les silos. Et cela ne va pas être gratuit. Eh bien, selon Claude Renoult, pour la Ville si : « Quand on construit un ouvrage sur un port, par le biais d’une AOT, on doit en principe rendre le terrain comme on l’a trouvé quand l’autorisation est terminée ». La déconstruction devrait donc être à la charge de l’exploitant des silos si l’on en croit le maire.

30 millions d’euros mais « plus d’aides que pour la médiathèque »

30 millions d’euros, cela fait tout de même beaucoup d’argent. Surtout après une médiathèque qui a déjà coûté ce prix. Cependant, Claude Renoult estime que ce projet devrait bénéficier de davantage d’aides extérieures : « Le musée aura une perception sur le plan national, donc les possibilités de subventions sont plus intéressantes que pour le pôle culturel, dont la destination est avant tout locale. Ce dernier a pu compter sur 5,1 millions d’euros de subventions sur les 30 millions. Pour le musée, on estime qu’on peut bénéficier d’une aide publique de l’ordre de 30 % du prix ». Donc entre 9 et 10 millions d’euros si on suit son raisonnement.

Par ailleurs, le maire pense que le musée aura une vocation à s’autofinancer bien plus importante que la médiathèque.

Le pôle culturel s’adresse d’abord aux habitants. Même si le nombre d’abonnés, près de 12 000, est important, les recettes sont assez faibles car le but est de proposer un prix symbolique. Ce ne sera pas du tout la vocation du musée, qui s’adressera aux Malouins mais surtout aux touristes.

Un coût de fonctionnement estimé à 2 millions d’euros par an

Et la Ville a déjà fait ses calculs :

On estime le coût de fonctionnement du futur musée à 2 millions d’euros par an. Pour parvenir à l’équilibre, il faudra une fréquentation annuelle de 165 000 visiteurs.

Le musée actuel comptabilise 40 000 entrées annuelles, une « misère » selon Claude Renoult qui rappelle qu’un million de personnes passent sous la porte Saint-Vincent chaque année. Il estime donc que l’affluence d’un équipement flambant neuf et attractif devrait sans trop de problème atteindre cet objectif de 165 000 visiteurs par an.

Au passage, un rapide calcul permet d’estimer un ticket d’entrée à environ 12 euros en moyenne, pour rentrer dans les clous. Evidemment, la fréquentation pourrait être encore beaucoup plus importante. Comme l’imagine sans doute Claude Renoult, qui a rappelé que l’aquarium accueillait 350 000 visiteurs chaque année et que le futur complexe aqualudique devrait en attirer 370 000…

Toujours à propos du financement, le maire a indiqué que la Ville « allait missionner un cabinet spécialisé dans les opérations public/privé. On pense par exemple à des fondations d’entreprises, locales ou autres, qui pourraient être intéressées. J’ai d’ailleurs pris les premiers contacts avec des entreprises locales ».

Du côté des élus, pour le moment, le projet semble faire consensus. Reste à connaître l’avis des Malouins et surveiller s’il n’y aura pas de mauvaises surprises, comme un coût qui explose ou des retards importants.

35400 Saint-Malo

Captcha en cours de génération.....Version audio
Changer l'image

Votre journal cette semaine

Résultats sportifs de votre région
Go

Un concentré d'informations pour ne rien manquer !

Je m'inscris à la newsletter